11.11.2011

Babe XXX Femme Fontaine (je fais ça pour avoir des visiteurs.)

9h00: Réveil, douche. Le regard encore embué par les rêves moites qui ont parcouru mon inconscient durant la nuit, je prends machinalement la télécommande et allume la télévision en mastiquant un bout de pain chocolaté. M6: Rihanna qui se déhanche en porte-jaretelle ; Snoop Dogg qui frotte une sylphide en bikini ; une brunette qui boit du champagne, le khôl dégoulinant et les cuisses écartées, sur fond de musique rock. BFM TV: Une fillette a été retrouvée violée et dépecée. France 5: Reproduction des mammifères du Zimbabwe austral. Gulli: Jonathan le petit ours recherche son amoureuse pour lui faire un gros bisou.

10h00: Départ pour les cours. J'attends à l'abribus devant une nouvelle campagne de pub: grande blonde en lingerie, cul en arrière, seins en avant, petite moue, rouge à lèvres provoquant. Dans le bus, la radio diffuse un spot pour du chocolat.  On entend une femme émettre de petits couinements pleins de chaleur à la dégustation.

11h00: Arrivée en cours. La fac est pleine à craquer de couples qui s'embrassent. Mignon... Jusqu'à la vision d'une salade de langue immonde d'un duo allongé sur la pelouse, jambes les unes entre les autres. 

13h: Déjeuner. Je suis alpaguée par les militants d'une association pour la contraception. Fort bien! Belle initiative: je prends quelques préservatifs avec un sourire. Jusqu'à ce qu'on propose de m'apprendre à enfiler tout ca sur un plateau de godes en plastique violet (véridique). "C'est pour le fun, et en même temps, ca sert!"

15h: Une de mes amies me raconte que son petit copain refuse la brouette thailandaise à califourchon sur une chaise, que son fantasme est d'être accrochée nue par les pieds sur une poutre qui brille, et qu'elle à trois plan cul qui l'attendent ce soir.

18h: Fin des cours, métro.  Je croise des affiches de spectacle et de film: un humoriste en petite culotte cotoie un couple nu qui s'enlace sur une plage. Un One Man Show à pour titre: le Rire de mon Pénis. J'entends un groupe de bobo parler d'une exposition de photos où Jésus culbute Pamela Anderson: tout les hipsters y sont, le critique Jean de La Villardière a trouvé ca génialement provocant.

19h: Goûter. Lagaf fait des blagues doûteuses à une petite black qui espère gagner le gros lot. Sur Facebook, une publicité me demande si je veux rencontrer des hommes et des femmes célibataires. 

20h00: Le journal télévisé m'apprends succesivemment que la bite de DSK s'est de nouveau emportée, qu'une joggeuse à été enlevée et violée, que Carla à eu un bébé, qu'il y a un nouveau spectacle de nu au Lido. Je regarde ma mère, qui elle, regarde ailleurs. Une publicité pour les problèmes d'érection nous achève: mon frère grogne et s'en va.

21h00: Dîner. J'avale ma pitance avec dépit, fatiguée par une journée de travail. France 2: reportage sur le harcèlement sexuel. NRJ12: reportage sur les modifications mammaires. J'éteins. Mon ordinateur m'affiche des pop-up d'une femme nue et provocante me demandant où j'habite. En cherchant une innocente vidéo de petits chats, je tombe sur un lien vers un blog où une sexologue du dimanche fait un comparatif des différents stimulateurs sexuels du marché.

22h00: Le film téléchargé s'avère être un porno hardcore. Je risque l'accident diplomatique avec le reste de la maisonnée à cause des quelques instants de gémissements qui se sont malencontreusement fait entendre avant que je ne ferme le clapet de mon ordinateur avec violence (bien entendu, le volume était à fond).

23h00: Je m'allonge dans mon lit et prends un livre. Il vient de sortir, bonne critique, je suis curieuse. Mauvais plan: une description poussée d'une scène inutile de sexe bestial avec trois nains unijambistes vient me donner un haut le coeur. 

00h30: Je m'endors doucement, en me demandant très sérieusement si je suis frigide, asexuelle ou simplement réactionnaire. Le monde tente t'il de jouir à l'unisson dans un fantasme épique (ou hippique) plein de latex et de plug anaux?

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15.10.2011

Barber Shop

On en a entendu des âneries ces derniers jours. Des trucs énormes, faisant l'amalgame de milliards de notions qui n'ont quasiment rien à voir les unes avec les autres, sans aucune espèce de logique. Il est temps, très chers lecteur, de ranger un peu tout ce bordel politico-religio-économico-artistico-libertaire. Non, ce n'est pas la lutte du bien contre le mal, ou de la liberté contre l'oppression: nous ne sommes pas dans une bande dessinée manichéenne de mauvaise facture. Vous le voyez où, le super-héros?

Je voudrais en premier lieu revenir sur cette histoire de démocratie. En simplifié, c'est un système de gouvernance où le peuple décide. Où le peuple décide. OU LE PEUPLE DECIDE. Là, c'est clair? Les braillards qui brandissent à tout va la peur d'une prise de pouvoir des islamistes feraient mieux d'aller expliquer aux gens que ce ne sont pas les barbus qui décident pour eux, mais bien eux qui décident pour les barbus, et que de ce fait il feraient mieux de bouger leur derrière flasque pour aller voter. Quand aux théories de complots, si on reste englués dans des conneries pareilles, on est pas sortis de l'auberge. Personne n'est assez bête pour tenter un quelconque coup d'état maintenant.

Deuxièmement, je rapelle qu'un "réel" système démocratique admet l'existence et la participation de partis politiques extrêmes pour peu qu'ils respectent les formes et agissent en toute légalité. Sur ce point, il me semble qu'Ennahda, parti islamiste (actuellement en tête des sondages, d'ailleurs... à qui la faute?) respecte les règles et a donc tout a fait le droit d'exister. Qu'ils déplaisent où fassent peur, c'est une chose, mais qu'on fasse des amalgames perpétuels avec des organisations plus violentes participe encore à instaurer ce climat de paranoïa dont on doit sortir. Encore une fois, je refuse de croire qu'il existe une quelconque forme de complot visant à voler la révolution Tunisienne. J'estime que Ghannouchi et ses amis ont parfaitement le droit de parler. La liberté d'expression, c'est aussi ca, et la refuser à ces personnes, c'est détruire l'essence même de cette liberté. Je n'ai jamais vu personne en France, qu'on semble souvent prendre pour modèle (de manière pas forcément judicieuse) contester l'existence du Front National. Et pourtant, entre le négationnisme, les programmes d'élection ubuesques et les punchlines sanguinolentes, ils ne sont pas si loin que ca de nos chers barbus...

Les salafistes, c'est une autre paire de manche. Ces personnes prônent un retour à un Islam fondamentaliste, c'est à dire se calquant sur la vie du prophète Mahomet et de ses compagnons, directement inspiré de plusieurs autres régimes, et notamment iranien... Qu'ils restent dans leur délire, à qui est ce que ca pose problème? Attention, je ne cautionne pas leur émeutes de furieux de ces derniers jours, mais ne voyez vous pas que c'est juste pour attirer l'attention? Un bon coup de pub en gros, du marketing, aussi digne que les pubs pour Randa: "Dieu est agressé, nous sommes ses défenseurs. Rejoignez-nous, mes enfants...". Une technique de témoin de Jéhovah. Et vous avez dit Amen, mes frères. 

Quand à Nessma, mauvais timing les enfants: à peine neuf mois après une révolution, diffuser un film de cette nature en sachant pertinamment qu'il peut être polémique, c'est ce qu'on apelle de la connerie. Les médias tunisiens ont encore pas mal de boulot avant de comprendre qu'on ne peut pas diffuser n'importe quoi n'importe quand. Le respect de certaines traditions, qui caractérise une grande majorité des familles tunisiennes doit pour le moment rester une base. Amenons les esprits à s'ouvrir avec tranquilité et douceur... Le film en lui même n'a rien de condamnable, bien au contraire, mais sa diffusion dans des temps aussi troubles reste juste du pain béni pour les barbus, qui s'en servent pour rallier certaines tranches de la population à leur idées. Du bon vieux populisme, et ca fonctionne mieux qu'on ne le pense...

Je ne ferais aucun commentaire sur les personnes qui apellent au retour du président déchu (oui, on dit bien "déchu", Mr Morjane). Je les invite simplement à regarder chez leurs voisins lybiens, si souvent moqués par la populace tunisienne pour leur accent et leur soi-disant manque de savoir vivre. Ces lybiens qui ont perdu fils, frères, maris, pour leur liberté, sans garantie d'avenir autre que celle de pouvoir s'exprimer sans contrainte. La classe. 

 

11.08.2011

Guide de bonnes manières à l'usage du Tunisien Séducteur

Messieurs,

J'ai cru remarquer, durant ce mois et demi que j'ai passé entourée de vos personnes dans ce chaleureux pays qu'est la Tunisie, que vous manquiez cruellement de savoir vivre. C'est absolument aberrant, et çela empire d'année en année. 

Vos manières plus que détestables avec un nombre gigantesque de jeunes filles ne peuvent me laisser croire que c'est entièrement volontaire, je ne puis me résoudre à imaginer que vous faites çela sciemment. Non, il s'agit là d'ignorance, due à l'éducation machiste perpetuée par une société sclérosée par la vision faussée d'un Islam déchiqueté, et dans laquelle il n'y a aucune place pour la sexualité libre et saine; perpétuée par vos parents (et disons-le franchement: vos mères aussi couveuses qu'une poule hystérique); enfin surtout par les femmes elles-mêmes, qui n'ont plus pour unique désir que la possesion d'un homme aux pectoraux luisants et à la Mercedes rutilante, et qui s'enroulent la tête d'un foulard plus ostentatoire que les bling bling d'un rappeur américain afin d'appâter le dit bonhomme.

Aussi, désireuse que les jeunes femmes de mon pays connaissent enfin le plaisir que procure la finesse d'un jeu de séduction rondement mené et abandonnent leur matérialisme vide de jouissance, je m'emploierai ici même, en dix points, à vous décrire les règles de base afin d'amener une jeune femme à aimer votre regard plutôt que votre voiture. 

1- Ne prenez pas les femmes pour des imbéciles fragiles suceptibles de se briser en deux à la moindre sortie. Nous avons un cerveau, nous savons dire non, et nous n'aimons pas sentir que nous sommes en couple avec notre père.

2- Bannissez de votre langage les termes irrespectueux, même entre amis. Non, je ne parle pas d'un "zebi", d'un "tahan" ou d'un "nik omok" de temps à autre. Je parle de mots du genre: "mala za3ka" ("quel cul"), "mkasra" ("elle est cassée"), "enik7a" ("je la nique") et autres joyeusetés fort répandues. Nous ne sommes pas des objets qui se trouent ou se cassent, l'honneur et le respect est aussi important pour nous que pour vous. Bonus: une orthographe soignée vous ajoute des points de charisme.

3- On appelle pas quelqu'un à 5h30. On le laisse dormir, merde.

4- L'interrogatoire à chaque appel est à proscrire: "Ou-es tu? Comment? Avec qui? Pourquoi? Qu'est ce que tu manges? Qu'est ce que tu bois? Comment es tu habillée? Pourquoi tu n'as plus de crédit? Pourquoi tu n'apelles pas? Pourquoi tu ne restes-pas à la maison? C'est qui ce mec?". Nous aussi, nous n'aimons pas les flics. 

5- On annonce pas à une fille qu'on va l'embrasser. Pourquoi ne pas lui envoyer un télégramme, aussi?

6- Deux poids, deux mesures, et c'est la perte totale de crédibilité: Pourquoi diable est-ce qu'elle devrait rentrer chez elle à 20h alors que vous êtes en train de boire et de siffler des donzelles à 4h du matin? La réponse "parce que c'est une femme" n'a foutrement rien d'une excuse. Et encore une fois, vous n'êtes pas ses parents.

7- On ne siffle pas les donzelles complètement saoul à 4h du matin. 

8- Essayer d'écouter la fille quand elle parle de politique/religion/amour/tout sujet polémique: oui, nous avons un avis autre que "j'espère qu'il n'y aura pas les barbus au pouvoir pour que je puisse continuer à mettre des micro jupes a Hammamet". Et être écouté est gratifiant. Et être contredit n'est pas un problème.

9- Quand on danse avec une fille, ca ne veut pas dire qu'on sort avec. Quand on sort avec une fille, ca ne veut pas dire que c'est notre femme. Quand c'est notre femme, ca ne veut pas dire que c'est un objet de décoration.

10- Enfin, pour l'amour du ciel, dire "je t'aime" par sms au bout de trois minuscules entrevues de 10 minutes est une PUTAIN D'ERREUR. Cela signifie une seule et unique chose: "je veux te baiser sauvagement et te jeter comme une malpropre parce que tu auras eu la naïveté de me croire."

Sachez que la liste est encore longue et que ces dix points sont seulement les fondations de vos techniques de drague naissantes. Faites-en bon usage.

Bien à vous, futurs gentlemen de Tunisie.